skip to Main Content

4 septembre 2019 / Le Courrier Picard / Sous l’emprise de sa compagne, il commet un car jacking à Chantilly

« J’étais amoureux d’elle. Je voulais lui faire plaisir », explique le prévenu lors de l’audience du mercredi 4 septembre au tribunal correctionnel de Senlis. Pour lui faire plaisir, le 19 septembre 2015, il va voler un véhicule en menaçant sa propriétaire d’une arme. Cette nuit-là, vers minuit et demie, alors que Sofiène L., 25 ans au moment des faits et sa petite amie de 17 ans roulent dans l’Audi A3 de celui-ci sur l’A1, amie repère, devant eux, une Audi S1. C’est l’anniversaire de sa compagne.
Celle-ci veut une Audi S1. Elle insiste auprès de son compagnon pour qu’il la lui vole. Ils vont alors suivre la voiture jusqu’au domicile de la conductrice à Chantilly. Sur place, Sofiène menace la jeune femme avec une arme afin qu’elle lui remette les clés. Sa compagne se met au volant de l’Audi SA et laisse l’Audi A3 à Sofiène. Celui-ci tombera en panne d’essence devant la gendarmerie de Chantilly. Il rentrera chez lui à Vitry-sur-Seine (93) en VTC, abandonné par sa petite amie.
Lors de la perquisition du véhicule, un pistolet 9 mm, un coup de poing américain, une bombe lacrymogène, une matraque à impulsion électrique seront retrouvés par les gendarmes. Ainsi que 700 euros en liquide, du cannabis, une cagoule et le passeport de Sofiène. L’Audi S1, qui dispose d’un tracker, sera repéré le lendemain par un policier à Vitry-sur-Seine où réside le couple.
A l’audience, le prévenu, réitère ses excuses déjà formulées par courrier à la victime présente au tribunal. Il explique avoir été très amoureux de sa petite amie, d’avoir tout fait pour lui faire plaisir. L’achat du pistolet 9 mm ? C’était pour les besoins du clip qu’il allait tourner une semaine plus tard. A l’époque, le prévenu est chanteur dans un groupe de rap. Le poing américain ? Un brise-vitres. Le vol de ce soir-là était-il prémédité ? « Non. J’ai tenté de la dissuader. C’est elle qui conduisait, elle a suivi la voiture. J’étais devant le fait accompli ».
« La préméditation est impossible : mon client a été flashé dix minutes avant le vol avec son propre véhicule tombé ensuite en panne d’essence devant la gendarmerie et on a retrouvé ses papiers d’identité dans la voiture, fait remarquer l’avocate de la défense, Maître Sandrine PEGAND. Celui-ci était sous l’emprise d’une jeune femme perverse et machiavélique qui remettait en cause sa virilité ».

L’expertise psychiatrique démontre que l’agresseur est un « influençable et immature et recherche l’approbation de ses proches ». La substitut du Procureur pointera du doigt les différentes versions apportées par le prévenu lors de sa garde à vue, face au magistrat instructeur et lors de l’audience concernant le port ou non de cagoule ou de capuche lors de l’agression et l’achat des armes. « Je reste persuadée que d’autres vols étaient en préparation », dira-t-elle.
Le parquet a réclamé 18 mois dont 6 avec sursis et une mise à l’épreuve de 2 ans. Délibéré le 16 septembre. Son ex-copine, avec laquelle il n’a plus de contact depuis 2016, sera jugée ultérieurement par le tribunal pour enfants.

Valérie Auribault.

Back To Top