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04/11/2009 – Fenêtre sur la prison…

prison1aMilitante anti carcérale, je plaide pour l’abolition des prisons en France.

Et ce, même si de nos jours, la prison s’est habillée de nouveaux intervenants : enseignants, parlementaires, visiteurs de prisons, aumôniers, délégués du médiateur, associations, contrôleurs généraux des lieux de privations de liberté..

Mais il n’en demeure pas moins que la prison reste un lieu de contention réglé par un régime punitif et disciplinaire dégradant, synonyme de tous les arbitraires.

Et les témoignages de mes clients en prison convergent…

Les gouvernements successifs, depuis 2002, veulent développer un programme de constructions qui atteindra 63 000 places en 2012 dans un souci d’encellulement individuel, conforme à une exigence de dignité individuelle..

Mais est-ce que, pour autant, le pourcentage des suicides en prison diminuera ?…

Si la prison française recense autant de mal être…arrêtons de nous regarder le nombril et penchons nous sur le système privatif de nos homologues européens…

A l’heure où la Belgique va louer au gouvernement néerlandais les 500 cellules de la prison de Tilburg, dans le Sud des Pays-Bas, en s’acquittant de la modique somme de 30 millions d’euros par an pour ladite location, la Suède se dote d’une prison ouverte, champêtre, endroit charmant d’où on ne veut pas s’évader…

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la prison ouverte d’Asptuna, en Suède, à 10 km au sud de Stockholm, au bord de l’eau, est composée de petites cabanes en bois de couleur cuivre ressemblant à des pavillons de banlieue, avec des tables et des chaises sur la terrasse, face à l’archipel.

Le week-end, la famille des prisonniers, qui purgent leur fin de peine, dont certains ont été condamnés pour meurtre, viennent déguster une glace et les enfants jouent au bord de l’eau.

Encadrés par 35 agents pour 110 prisonniers, ces derniers ne veulent pas s’évader..la preuve en est : les barbelés qui entourent la prison sont tournées vers l’extérieur, pas vers l’intérieur.

Les détenus organisent eux-mêmes leur vie collective, qui nettoie, fait la cuisine, décidant du menu, même si le budget est limité.

Les détenus, tous équipés d’un bracelet électronique à la cheville, exécutent leur peine et s’engagent à suivre des activités. Ils ont 8 heures d’activités par jour..favorisant ainsi la responsabilisation du détenu avec plus d’autonomie de mouvement.

Et ça marche.. !!!

S’évader serait facile : l’hiver, quand c’est gelé, les prisonniers peuvent s’ils le souhaitent s’échapper en marchant sur la glace..

Mais aucun détenu ne s’y est essayé…

Un exemple à suivre ?….

Auteur: Sandrine Pégand, Bâti-Juris – Cabinet d’Avocats – Avocat associée

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